Allez, là voilà, la photo après la pluie. Vous noterez le sac de pommes de terre à l'arrière-plan.
Une nouvelle photo, encore un bout de chou, toujours du rugby, mais ce coup-ci en Adjarie où nous resterons pour la semaine, pendant que je tribule à Koutaïssi. Soyez sages, ou mon copain
vous carre un coup de casquette dans le frontibus.
Voilà ce à quoi j'occupe mes journées en ce moment. Bien sympa mais il faut éviter tous les guet-apens, les plaquages (à la) maison, les mêlées de vin et de liqueurs, et les mauls de têtes qui en résultent. Savoir crocheter, raffûter, et surtout négocier la dispense d'un temps additionnel. Car en Géorgie la vie est une négociation permanente.
Je voulais faire un album-photo sur la Khevsourétie,
mais j'ai pas eu le temps et je suis pas très satisfait de mes photos... Donc juste pour que vous voyiez à quoi ça peut ressembler, une image de Chatili, la "capitale" de la Khevsourétie. C'est
difficile de décrire comment on peut se sentir paumé et hors du jeu quand on débarque dans des endroits pareils.
Avec la nouvelle version d'Over-blog, on peut voir d'où viennent les gens qui fréquentent mon blog. Et comme tous les bloggeurs qui n'ont rien à dire, pour une fois que je peux le faire, je ne vais pas me priver de vous en parler.
Alors d'abord je voudrais remercier les coupaings et autres gens de bon goût qui ont fait, d'une manière ou d'une autre, la réclame de ce pôle d'excellence cybernétique. Mais je voudrais surtout parler de Google, parce que bon, il y a quelques rigolos que j'aimerais bien pincer.
Passons sur les nombreux visiteurs arrivés ici en tapant "tbilissi" ou "blog tbilissi" sur leur moteur de recherche favori. Mention spéciale à ce "cher guegue", je sais pas comment ils ont su. On m'espionne. Mais maintenant j'ai mon propre service de renseignements à moi, alors gaffe. Oui, je vous ai repérés, les amateurs de "salle de bains", de "lunette soleil chips", de "photo de collant" (pourtant je ne fais pas trop dans la lingerie...), même de "gamines" (là ça devient inquiétant) ou de "blog collant" (je commence à me vexer). Mais celui que j'aurai en premier, c'est l'infâme qui est venu ici en tapotant de ses doigts malingres et imbéciles "photo de cruchon". Je sais bien que je suis pas un pro, mais quand même, j'ai ma fierté.
A tout saigneur tout honneur, après la Jigouli je me devais de faire un article sur la Volga. Tout bien réfléchi, c'est même incroyable que je n'en ai toujours pas parlé sur ce blog. Je dis saigneur parce que c'est vrai que sous certains abords elle peut donner l'impression d'un char d'assaut, et qu'à son volant on se sent comme invincible. Mais en fait, c'est la voiture la plus classe au monde. Vous voyez les Castrolettes, ces voitures cubaines au capot bombé et à l'allure incroyablement élégante ? Ou bien les Mercerdes, les Limousine, les Volvo ? La Volga surclasse tout cela.
Attention, je parle bien de la Volga premier modèle, la "GAZ 21" (quoique la 24 ait ses charmes aussi, mais trop allemande à mon goût). Large comme le fleuve dont elle porte le nom, avec sa calandre audacieuse et entreprenante, sa carrosserie immaculée, ses chromes rutilants et ses deux banquettes destinées à accueillir confortablement sept passagers - ou deux, pour d'autres activités, disons, plus confortables... - elle est la reine des quatre-roues. Construite sur un bloc d'acier, elle a une espérance de vie quasi-illimitée, pourvu bien sûr qu'on lui prodigue les soins réguliers et attentifs qu'elle mérite.
Car c'est une grande gourmande. Amatrice de plaisirs simples, elle se contentera de la quinzaine de litres de super non raffiné dont vous l'abreuverez tous les jours. Mais c'est aussi une sportive. Boîte de vitesses sur le volant, accélérations taurines, et un ronronnement souple qui ne se compare qu'à celui d'un chat débordé de caresses.
La Volga n'est pas simplement une voiture. Elle a quelque chose de mythique. Comme dans la Bible, les premières générations étaient plus belles, et ont vécu plus longtemps. Comme Mars, elle a recueilli les sacrifices innombrables de Soviétiques reconnaissants, immolant leurs pièces détachées dans l'huile de vidange sacrée qu'ils recueillaient de Son réservoir. Comme Aphrodite, elle a servi plus d'une fois de temple à l'amour, et comme elle, elle a fait rêver l'homo sovieticus de père en fils. Les femmes la jalousaient mais rougissaient de fierté à l'idée de monter dans ce bolide lancé à tout allure vers le communisme total.
Il y a deux ans, sa production a été totalement arrêtée. Sur le bord des routes, certaines agonisent, délaissées par des propriétaires indignes (ou pauvres), souillées par des pièces de Jigouli, la carrosserie râpée et les suspensions rouillées, les enjoliveurs aux fraises. Mais bientôt, cette traversée du désert finira. Elle commence déjà à prendre de la valeur sur le marché d'occasion. Elle devient à nouveau l'icône qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être... A son bord on se sent comme un pionnier voguant à la découverte de l'ancien monde, et si à nouveau le déluge venait frapper les hommes, il n'y aurait qu'un seul refuge : l'Arche moderne, c'est la Volga.
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