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Dimanche 10 juin 2007
Chatili.jpg Je voulais faire un album-photo sur la Khevsourétie, mais j'ai pas eu le temps et je suis pas très satisfait de mes photos... Donc juste pour que vous voyiez à quoi ça peut ressembler, une image de Chatili, la "capitale" de la Khevsourétie. C'est difficile de décrire comment on peut se sentir paumé et hors du jeu quand on débarque dans des endroits pareils.
Je repars en reportage, à bientôt !
Par Emmanuel
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Lundi 28 mai 2007
Après avoir roulé ma bosse un an et demi sur les routes de Géorgie, j’ai appris à ne pas faire confiance aux avertissements des locaux qui poussent des cris d’orfraie dès que l’on veut quitter Tbilissi hors juillet et août. « N’allez pas par-ci, n’allez pas par-là, la route est bloquée », etc. On ne me la fait plus.

C’est dans cet esprit qu’avec trois amis, je suis parti pour le week-end à Chatili. Chatili est la capitale, disons, le centre, enfin, la plus grosse agglomération – c’est-à-dire, le point le moins dépeuplé de la Khevsourétie, charmante région perdue entre la barrière du Caucase et la Tchétchénie. Y vivent les derniers des Khevsours, de fiers guerriers chargés depuis des temps immémoriaux de défendre les marches de la Géorgie contre les vilains mahométans du nord. La route vers Tbilissi est ouverte quatre mois dans l’année, le reste du temps, on ne passe pas. En mai, aller là-bas, c’est une hérésie, la route n’est ouverte qu’en juillet, les castors vous avaleront tout cru... Autant dire que ce genre de discours, je me le plie dans la boîte à gants avec la carte Michelin. Je suis allé en Ratcha en mars, j’ai franchi les neiges de Rikoti, en Svanétie j’ai appris que la route était meilleure l’hiver – la neige bouchant les nids de poule. J’ai perdu mon pucelage du bitume, et je ne reste plus terré à Tbilissi en attendant que l’on gère les congères à ma place.

Puis il y a eu la Khevsourétie. Au début, tout est normal, le chemin fleure bon la Géorgie moderne. Autoroute quatre voies, avec panneaux de directions, glissière de sécurité et vraie sortie avec voie d'insertion, enfin, presque. Les vaches se promènent encore sur la bande d’arrêt d’urgence et on vend des chiens caucasiens sur le bord des échangeurs, mais c’est moderne. Puis on bifurque vers le nord ; la route est bonne, le bitume lisse, tout roule. Une fois passé le barrage d’Ananouri, le goudron se fait lépreux, la terre devient gourmande et veut reprendre ses droits. Mais rien que de plus normal en Géorgie, et que diable, nous sommes en Niva ! Or la Niva est à la famille des 4x4 ce que la Volga est à la catégorie des voitures de classe, c’est-à-dire le nec plus ultra. Les Géorgiens disent d’elle : « Niva miva », ce que l’on peut traduire grosso-modo par « la Niva y va ». 

Du coup, j’en profite pour faire mon baptême du feu en 4x4. La route qui sépare Chatili du dernier village habité est dure, nous a-t-on dit, oui, mais, on ne me la fait plus. Nous voilà partis. On ne nous a pas menti : ça secoue. Ca grimpe un peu, aussi. Les premières rivières franchies, c’est l’aventure, pour un peu on se croirait dans le Camel Trophy. Et puis le col commence. Les virages en épingle à cheveux sur les cailloux, le capot à cheval sur les ornières. Avec la pente, le terrain disparaît sous la voiture...  Au bout d’une heure, c’est la délivrance, croit-on naïvement : le col est franchi, la croix réglementaire dépassée.

En fait, c’est là que tout commence. Et qu’on comprend pourquoi, sur dix Géorgiens, seulement le cousin du dixième est allé en Khevsourétie, sachant que « cousin » en Géorgie, c’est comme « frère » en Afrique.
Il faut déjà se farcir la descente. Gros trous, gros cailloux, ruisseaux à gogo, précipices offrant juste ce qu’il faut à la voiture pour passer, tout est au rendez-vous pour vous ménager une balade agréable. A pied. Enfin, les épaules légèrement tendues, vous arrivez dans la vallée. Conclusion logique : Chatili, c’est pour bientôt. Oui mais, la logique, vous l’avez laissée en bas du col, et vous comprenez rapidement que pour le coup, vous vous êtes fourré le piston dans l’essieu. Car il y a encore quarante bornes à se taper, et pas plus vite qu’en seconde. Il faut passer dans une autre vallée. 

Monter, descendre, monter, cahoter... ce n'est qu'au bout de quelques kilomètres que les premiers picotements vous agitent les méninges. Vous le sentez. Vous le savez. Chatili est là, juste derrière cette dernière pente, on vous l’a bien dit, on ne voit le village qu’au dernier moment. Las, vous aviez juste oublié un petit détail : le bulldozer que vous avez croisé dans le col, enfin, qui vous a ménagé un passage en versant la moitié de la route dans le vide, n’est pas passé pour rien. En fait, si les guides de l’OSCE vous ont dit que ça n’était pas possible de venir, c’est que la route n’était pas ouverte, vraiment. Mais ça, vous ne le comprenez qu’à la vue du premier névé, au fond de la vallée, éventré par le bulldozer, qui vous nargue de sa pente à quinze pour cent et de sa glace glissante à souhait.
Je le rappelle donc : c’est ma première fois en 4x4. « Prends de l’élan, accélère doucement, surtout ne t’arrête pas, et quoi qu’il arrive, ne freine jamais ». On prend note. Boum, boum, ça saute, ça dérape, ça glisse, la Niva hoquette et escalade bravement la pente. Puis on redescend, ça glisse toujours autant, ça saute, ça ripe. C'est pas ce coup-ci que les sensations fortes vont vous poser un lapin. 

Evidemment, quelques virages plus loin, un deuxième col de glace vous attend, puis un passage dans le torrent déchaîné, et quelques kilomètres de tape-cul sur la route fraîchement tourneboulée. Et enfin, comme dans les livres. Mieux, même. On n’y croit plus, on ne veut plus y croire, mais c’est là. Une cité inca posée sur un piton rocheux, au milieu de la vallée. Un bloc de pierres sèches vouées à l'édifice de foyers de géants, à la fois tours, remparts et étables. Un village-forteresse dont le message, comme la route qui y mène, est sans équivoque : on ne passe pas.

En haut, dans des baraques de fortune où les sept dernières familles du coin se sont installées, l’énorme ours qui fait office de maire vous accueille. Lui s’est planté la veille sur la glace. Vous êtes le deuxième à avoir emprunté la route, cette année. Son fils, qui a passé l’hiver seul, n’a pas vu de nouvelles têtes depuis huit mois, et les mots ne suffiraient pas à rendre l’étincelle de joie qui s’allume dans ses yeux à la vue de nos tomates. Bienvenue en Khevsourétie.
Par Emmanuel
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Vendredi 18 mai 2007
Batoum-mini.jpg


J'ai trouvé ça dans mes archives, tiens... Soupra hivernale à Batoumi.
Par Emmanuel
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Jeudi 10 mai 2007

Avec la nouvelle version d'Over-blog, on peut voir d'où viennent les gens qui fréquentent mon blog. Et comme tous les bloggeurs qui n'ont rien à dire, pour une fois que je peux le faire, je ne vais pas me priver de vous en parler.

Alors d'abord je voudrais remercier les coupaings et autres gens de bon goût qui ont fait, d'une manière ou d'une autre, la réclame de ce pôle d'excellence cybernétique. Mais je voudrais surtout parler de Google, parce que bon, il y a quelques rigolos que j'aimerais bien pincer.

Passons sur les nombreux visiteurs arrivés ici en tapant "tbilissi" ou "blog tbilissi" sur leur moteur de recherche favori. Mention spéciale à ce "cher guegue", je sais pas comment ils ont su. On m'espionne. Mais maintenant j'ai mon propre service de renseignements à moi, alors gaffe. Oui, je vous ai repérés, les amateurs de "salle de bains", de "lunette soleil chips", de "photo de collant" (pourtant je ne fais pas trop dans la lingerie...), même de "gamines" (là ça devient inquiétant) ou de "blog collant" (je commence à me vexer). Mais celui que j'aurai en premier, c'est l'infâme qui est venu ici en tapotant de ses doigts malingres et imbéciles "photo de cruchon". Je sais bien que je suis pas un pro, mais quand même, j'ai ma fierté.

Par Emmanuel - Publié dans : tbilissi
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Lundi 30 avril 2007

A tout saigneur tout honneur, après la Jigouli je me devais de faire un article sur la Volga. Tout bien réfléchi, c'est même incroyable que je n'en ai toujours pas parlé sur ce blog. Je dis saigneur parce que c'est vrai que sous certains abords elle peut donner l'impression d'un char d'assaut, et qu'à son volant on se sent comme invincible. Mais en fait, c'est la voiture la plus classe au monde. Vous voyez les Castrolettes, ces voitures cubaines au capot bombé et à l'allure incroyablement élégante ? Ou bien les Mercerdes, les Limousine, les Volvo ? La Volga surclasse tout cela.

Attention, je parle bien de la Volga premier modèle, la "GAZ 21" (quoique la 24 ait ses charmes aussi, mais trop allemande à mon goût). Large comme le fleuve dont elle porte le nom, avec sa calandre audacieuse et entreprenante, sa carrosserie immaculée, ses chromes rutilants et ses deux banquettes destinées à accueillir confortablement sept passagers - ou deux, pour d'autres activités, disons, plus confortables... - elle est la reine des quatre-roues. Construite sur un bloc d'acier, elle a une espérance de vie quasi-illimitée, pourvu bien sûr qu'on lui prodigue les soins réguliers et attentifs qu'elle mérite.

Car c'est une grande gourmande. Amatrice de plaisirs simples, elle se contentera de la quinzaine de litres de super non raffiné dont vous l'abreuverez tous les jours. Mais c'est aussi une sportive. Boîte de vitesses sur le volant, accélérations taurines, et un ronronnement souple qui ne se compare qu'à celui d'un chat débordé de caresses.

La Volga n'est pas simplement une voiture. Elle a quelque chose de mythique. Comme dans la Bible, les premières générations étaient plus belles, et ont vécu plus longtemps. Comme Mars, elle a recueilli les sacrifices innombrables de Soviétiques reconnaissants, immolant leurs pièces détachées dans l'huile de vidange sacrée qu'ils recueillaient de Son réservoir. Comme Aphrodite, elle a servi plus d'une fois de temple à l'amour, et comme elle, elle a fait rêver l'homo sovieticus de père en fils. Les femmes la jalousaient mais rougissaient de fierté à l'idée de monter dans ce bolide lancé à tout allure vers le communisme total.

Il y a deux ans, sa production a été totalement arrêtée. Sur le bord des routes, certaines agonisent, délaissées par des propriétaires indignes (ou pauvres), souillées par des pièces de Jigouli, la carrosserie râpée et les suspensions rouillées, les enjoliveurs aux fraises. Mais bientôt, cette traversée du désert finira. Elle commence déjà à prendre de la valeur sur le marché d'occasion. Elle devient à nouveau l'icône qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être... A son bord on se sent comme un pionnier voguant à la découverte de l'ancien monde, et si à nouveau le déluge venait frapper les hommes, il n'y aurait qu'un seul refuge : l'Arche moderne, c'est la Volga.

Par Emmanuel - Publié dans : tbilissi
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Lundi 30 avril 2007
Par Emmanuel - Publié dans : tbilissi
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Vendredi 27 avril 2007

Cette semaine, en sortant de chez moi, j'ai eu la vision. Celle qu'attendent tous les habitants de Tbilissi chaque année, ayant grelotté tout le mois d'avril sous une pluie glaciale et continue : le grand vert.

C'est une recette infaillible dont les ingrédients sont simples : beaucoup de pluie pour doucher l'impertinence de ceux qui avaient sorti les sandales et les T-shirts sous le doux soleil de mars. Du soleil régulièrement, à doses concentrées, le matin de préférence, quand il a bien plu toute la nuit. Et au bout de quelques semaines, c'est Byzance.

Sorti payer mes factures et acheter des croquettes pour mes chats (j'en ai six maintenant, Gogo a accouché mardi), j'ai eu l'oeil insensiblement accroché par les devantures des petits épiciers qui semblaient comme sortis de terre. Finis les étals moribonds où trois choux se battaient en duel avec quelques haricots faméliques. Partout, du vert. Des épinards, de la coriandre, du basilic, de l'ail et des oignons nouveaux, et même des sacs débordants de feuilles d'orties.

Et c'est en rentrant chez moi, les bras accrochés aux quelques kilos de verdure, de concombres tout frais et de pommes de terre nouvelles, que mes yeux se sont fondus dans le décor. Dernière montée avant la maison. Un coup d'oeil sur la gauche, pour repérer les voitures éventuelles. Et là, l'espace d'un instant, les coulisses du paradis. Dans cette petite ruelle que certains n'hésitent pas à qualifier la plus belle de Tbilissi, l'herbe sauvage avait envahi le bord du pavé et les jeunes pousses de vigne se disputaient les balcons aux branches des cerisiers en fleur. Partout ailleurs, la pluie, la grisaille; mais devant mes yeux les briques rouges explosent sour les bombes à chlorophylle des touffes d'herbe et des mousses. Et petit à petit, en continuant mon chemin, la ville se transfigure. Partout, partout, des taches de peinture sur le gris, des boules de bourgeons dans les rues, des geysers d'herbe verte perçant le béton. Les collines arides de Tbilissi brillent de mille feux et c'est la plus belle ville du monde.

 

 

 

 

 

 

 

Ah et une fois n'est pas coutume, je vais faire mon blogospheur : la mirifique Cali expose son travail le 3 mai dans une galerie parisienne de renom (pour le vrai nom allez voir sur son site... il faut signaler sa présence si vous voulez avoir un peu de porto)

Par Emmanuel - Publié dans : tbilissi
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Dimanche 15 avril 2007

Il faut que je vous explique quelque chose à propos des Géorgiens. J'en profiterai pour vous faire un aveu qui me pèse sur le coeur depuis presque trois semaines à présent.

Le temps canonique que j'ai déjà passé ici m'a permis de découvrir une vérité non moins canonique à propos des Géorgiens : s'ils ont l'air si religieux, et s'ils se forcent à jeûner le tiers de l'année, ce n'est pas pour respecter une doctrine quelconque ou par croyance sincère dans la colère de Dieu. C'est simplement qu'ils sont aussi des hommes, et qu'ils ne peuvent soutenir le rythme effréné de consommation calorique et alcoolique du régime à base de vin, de brochettes bien grasses et de khinkalis juteux à point qu'ils suivent tout au long de l'année. Ils ont besoin, de temps à autre, de se purger. La foi comme remède au foie.

Ce qui nous amène au terrible aveu que je dois vous faire. Depuis bientôt trois semaines donc, mais plus pour longtemps fort heureusement, je suis à la diète. C'est pas de ma faute. Je ne l'ai pas voulu. Je suis athée et Pâques ne m'importe que par les chocolats, la brioche et le chakapouli, ce plat d'agneau aux herbes qui est de tradition ici pour rompre le jeûne. Mais. Quelque part il y a eu le bout de chachlik de trop. La patate trop grasse, le gésier mal cuit ou le khinkali avarié. Foudroyé par une crise de foie, je me suis résolu à tomber dans le domaine de la Faculté et me confesser devant un des représentants du culte gastro-entérique, qui m'a condamné à deux Ave et trois semaines de pauvre chère. Pas d'alcool ni de graisse cuite, des patates, du riz, des carottes, et roulez jeunesse.

Je me suis donc retrouvé momentanément dans la peau de ces Géorgiens qui se voient contraints de se purger régulièrement. Sauf que les médecins se foutent totalement du calendrier liturgique et m'ont condamné à l'isolement gastronomique pendant que tous les types qui avaient vaguement évité de manger de la viande pendant quelques jours faisaient bombance et se tapaient la cloche, une cloche de Pâques, faut-il le rappeler, en lipide massif. Exit donc le chakapouli, les oeufs de Pâques, les patates nouvelles et les parties de chachliks à la campagne. Mais exit aussi la cuite de cinq jours et la semaine passée le crâne sous les sabots des chevaux de Makhno. Parfois, y'a du bien à se faire du mal.

Par Emmanuel - Publié dans : tbilissi
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Dimanche 8 avril 2007

En ce jour du calendrier où l'on a la résurrection facile, je voudrais vous parler d'un vrai miracle. D'un être que je n'ai fait qu'effleurer jusqu'à présent dans mes chroniques, et qui est pourtant le résultat d'une résurrection permanente. Ce petit être tendre et fragile, c'est la Jigouli.

Elle n'ose pas dire son âge. Et pourtant, à voir son pare-brise zébré de fissures ou l'état de ses portières, on devine les épreuves qu'elle a traversé. A chaque instant, à chaque tour de volant, on craint pour elle. La boîte de vitesse craque, la direction grince, les vitres tremblent et les suspensions parties aux fraises rendent toutes les aspérités du terrain, le moindre pavé, le plus petit nid de poule. On n'a pas vraiment peur pour soi, tellement on s'y sent étranger, géant, maladroit. On aurait plutôt tendance à s'attendre à ce qu'elle s'effondre sous notre poids, d'un instant à l'autre.

Chaque côte lui semble une épreuve, chaque dépassement une ordalie, et je ne parle pas des insertions sur voie rapide. Et pourtant, bon an mal an, elle roule, elle avance, elle relève les défis un à un - en grande partie grâce à la dextérité de son conducteur qui sait lui parler, et manie le starter comme un esthète la métaphore.

Car le chauffeur de Jigouli, lui aussi, est mince et fragile. Désespérément accroché au volant comme il se raccroche à la vie, il connaît tous les déboires de son véhicule et se précipite avant vous pour ouvrir d'une main leste la portière dont malgré toute leur bonne volonté, les non-initiés n'arriveront jamais à percer les secrets.

Les taxis en Jigouli sont les plus sympas - et les moins chers - que je connaisse. Hier soir, en pénétrant dans un de ces petits vélociraptors métalliques de ces temps oubliés où le peuple s'occupait moins d'opium que de mécanique, j'ai été brusquement pris d'un élan d'amour fraternel sans bornes pour cet homme et sa machine, toujours sur la brèche. Et devant la vision des innombrables brèches au centre du pare-brise, sagement disposées en croix, alors que les églises alentour étaient encore remplies de milliers de croyants en pack, je me suis dit, le coeur soulagé, que la vraie foi n'avait pas disparu. God save the Jigouli.

 

* Ceci est un jeu de mots en géorgien. Mon premier. Snif.

Par Emmanuel - Publié dans : tbilissi
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Vendredi 30 mars 2007

Comme ça fait longtemps que je n'ai pas fait de billet, ou mis de photos en ligne, je vous en mets deux pour le prix d'une avec ce nouvel album photo qui finit, en fait, la série sur Gremi que j'avais entamé ici même (les mecs bourrés et la brume).

Gremi c'est un village, et un monastère, où on vient chaque Noël se bourrer la gueule et s'empiffrer de brochettes pour rendre hommage à l'ingéniosité des anciens. Ces glorieux aïeux qui avaient repoussé l'envahisseur musulman venu des montagnes du nord, en lui jetant du haut de la colline le sang et les têtes de dizaines de porcs qu'ils avaient égorgé en même temps.

Aujourd'hui il n'y a plus trop d'ingéniosité mais c'est une initiative que l'on ne peut que saluer. Bon sang, merde, les traditions, quoi.

Donc pour voir les photos il faut cliquer sur l'image en-dessous, où aller dans la colonne de gauche, là où sont regroupés tous les albums.

 

Je mettrai d'autres photos dans les jours à venir, et si j'ai le temps quelques anecdotes savoureuses de ma vie de folie. Mais je vis tellement d'aventures formidables qu'hélas, je n'ai pas toujours le temps de les coucher sur papier ! Tenez, pas plus tard qu'hier, j'étais sur Skype avec Benoît XVI qui voulait absolument venir défier le patriarche orthodoxe géorgien dans un combat de catch no-limit. Mais je n'ai pas le temps de l'organiser ! C'est dur.

Par Emmanuel - Publié dans : tbilissi
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