Dimanche 4 novembre 2007
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Les à-côtés. C'est ça qui me plaît dans ce métier. Non, bande de pervers, ce n'est pas ce que vous pensez. Moi je vous parle des petites anecdotes, de ces petites étincelles de bêtise, d'absurde,
de chaleur qui font tout le sel de la vie.
Hier, avec quelques copains journalistes, nous étions tranquillement attablés dans un boui-boui ukrainien, occupés à déguster un bortch assorti de quelques brochettes de rigueur pour des hommes et
des femmes ayant affronté le froid de la rue. Tout ça pour témoigner de la présence des manifestants qui l'avaient fait un peu plus longtemps que nous, histoire de jouer à la révolution. Lorsque
tout à coup, comme si de rien n'était, entrent un, puis deux, puis trois CRS du cru, en habits du dimanche, la tenue complète, veste en kevlar, tonfa très tendance, menottes en plastiques et
cagoules corses. Faut dire qu'ils étaient garés juste en face, deux bus, et que comme les manifestants faisaient rien qu'à jouer les non-violents, pas même une tentative de prendre la chancellerie
d'assaut, ils finissaient eux aussi par avoir faim et froid. Ce qui nous a offert, pour le dessert, cette vision irréelle d'une serveuse au bord de la tétanie, en face de poulets armés jusqu'aux
dents - ils en ont en Géorgie-, tout à fait tranquilles, le pas un peu voyou, jouant nonchalamment de la matraque en marchant jusqu'à la caisse.
On n'a pas réussi à réprimer un fou rire dont la contagion a failli valoir à la serveuse quelques jours de détention administrative. Je pense qu'ils ont compris que nous, on était étrangers.
Heureusement, parce que sinon notre tamada pouvait dire son dernier toast.