De la gêne à Noël

Publié le par Emmanuel

Dimanche, c'était Noël pour nous, mais simplement dimanche pour les Géorgiens qui le fêtent le 7 janvier et de toute façon ne s'occupent vraiment que du Nouvel An.

Eh bien dimanche, il a neigé, rien que pour moi. La première neige de l'hiver, pour que moi seul puisse glisser et m'étaler joyeusement par terre sur les pentes de la colline où j'habite. La neige de Noël, rien que pour bibi. Du moins c'est que je me suis plu à croire, parce que d'autres l'ont apprécié, chez les Occidentaux de tout poil.

J'ai d'ailleurs eu un bel échantillon de la communauté française lors du réveillon. Car pas démonté par l'indifférence ostensible des locaux face à Noël, je me suis laissé tenter par l'invitation de la Première conseillère de l'ambassade de France, avec un dîner somptueux préparé par le cuisinier de l'ambassadeur.

Et moi qui cherche, peut-être un peu prétentieusement, à m'écarter des milieux d'expatriés qu'une trop longue coexistence dans des terres sans camembert tend à rendre quelque peu consanguins, je dois dire que j'ai passé une soirée très agréable et très drôle. Rythmée notamment par une Française ayant vécu quinze ans en Afrique pour travailler à la conservation des grands primates, et qui visiblement ne s'était pas occupée de la sienne. Pas vraiment mal embouchée, mais plutôt du genre à coller plein d'étiquettes... de la conservation à la conversation, ça donnait à peu près : "Vous comprenez, nous on prenait jamais de gens du Sud dans nos équipes, parce que les collègues les trouvaient faux et hypocrites...", le tout dit sans trembler en face d'une mafia de Montpelliérains. Y aurait-il de la gêne à Noël ? Je crois que la table se souvient encore de leurs ongles plantés dans la nappe, la mâchoire raide et le regard légèrement désaxé.

Le tout couronné par une controverse sur les vertus comparées de l'eggnog et de la marmite anglaise, puis un dernier pot dans un bar vide, vodka à 18 laris servie par une serveuse peroxydée et patron ronflant sur le comptoir. Jésus serait fier de nous.

Publié dans tbilissi

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Guegue 10/01/2006 14:54

Manu, y'a pas à dire, allez chez l'ambassadeur en même pas un mois, c'est la grande classe :).
Et vive la neige !

Audrey 03/01/2006 06:39

Voilà, six mois qu'il a quitté l'école et il ne reconnaît même plus les collègues. "Monsieur Paul" c'est Jean-Paul de son petit nom... Littérateur libérateur et enfanteur enchanteur... Bon tu m'excuseras il est 5h trop tot du matin et la tête un peu trop dans l'écran. Ici Cognac-Jay (eh oui) à vous Tbilissi. Biz. Audrey

Emmanuel 01/01/2006 18:16

Bin figure-toi que non, pas de Ferrero Rocher ! J'étais un peu déçu.
Mais bon, il faut dire que ce n'était que la soirée de la première conseillère, et pas de l'ambassadeur lui-même.
Mais dis-moi donc, je creuse et creuse encore dans ma tête vide, mais je n'arrive pas à trouver qui se cache donc derrière ce "Monsieur Paul"... C'est sans doute le 8e étage qui m'induit en erreur. Sans doute pourras-tu me renseigner sur cette intrigue peu universelle mais qui ne me taraude pas moins l'esprit ?
Bonne année !!!

Monsieur Paul 30/12/2005 14:02

Euh, dis-moi, il y a une question qui me brûle les lèvres…

Est-ce que les soirées de l'ambassadeur sont toujours réussies ? Je veux avoir une réponse à cette intrigue universelle: y a-t-il vraiment des Ferrero Roche d'Or dans les cocktails de l'ambassade ?

Sinon, ici, au 8e, on est pris en ce moment dans une sorte de blizzard: la terrasse est submergée par la neige.

jp, the author of your days 27/12/2005 18:04

Eh bien, aussi incroyable que ça puisse paraître, il n'y a pas qu'à Tbillissi qu'il neige. Aujourd'hui mardi 27 décembre, une fine couche blanche recouvre (au moins) le Sud de Paris et l'extreme Nord du Val de Marne. Et Katja qui arrive ce soir, qui sort de 25 cm de neige dans son Allemagne d'adoption, à qui j'ai annoncé qu'il n'y en a pas un flocon ici !