Diète étique

Publié le par Emmanuel

Il faut que je vous explique quelque chose à propos des Géorgiens. J'en profiterai pour vous faire un aveu qui me pèse sur le coeur depuis presque trois semaines à présent.

Le temps canonique que j'ai déjà passé ici m'a permis de découvrir une vérité non moins canonique à propos des Géorgiens : s'ils ont l'air si religieux, et s'ils se forcent à jeûner le tiers de l'année, ce n'est pas pour respecter une doctrine quelconque ou par croyance sincère dans la colère de Dieu. C'est simplement qu'ils sont aussi des hommes, et qu'ils ne peuvent soutenir le rythme effréné de consommation calorique et alcoolique du régime à base de vin, de brochettes bien grasses et de khinkalis juteux à point qu'ils suivent tout au long de l'année. Ils ont besoin, de temps à autre, de se purger. La foi comme remède au foie.

Ce qui nous amène au terrible aveu que je dois vous faire. Depuis bientôt trois semaines donc, mais plus pour longtemps fort heureusement, je suis à la diète. C'est pas de ma faute. Je ne l'ai pas voulu. Je suis athée et Pâques ne m'importe que par les chocolats, la brioche et le chakapouli, ce plat d'agneau aux herbes qui est de tradition ici pour rompre le jeûne. Mais. Quelque part il y a eu le bout de chachlik de trop. La patate trop grasse, le gésier mal cuit ou le khinkali avarié. Foudroyé par une crise de foie, je me suis résolu à tomber dans le domaine de la Faculté et me confesser devant un des représentants du culte gastro-entérique, qui m'a condamné à deux Ave et trois semaines de pauvre chère. Pas d'alcool ni de graisse cuite, des patates, du riz, des carottes, et roulez jeunesse.

Je me suis donc retrouvé momentanément dans la peau de ces Géorgiens qui se voient contraints de se purger régulièrement. Sauf que les médecins se foutent totalement du calendrier liturgique et m'ont condamné à l'isolement gastronomique pendant que tous les types qui avaient vaguement évité de manger de la viande pendant quelques jours faisaient bombance et se tapaient la cloche, une cloche de Pâques, faut-il le rappeler, en lipide massif. Exit donc le chakapouli, les oeufs de Pâques, les patates nouvelles et les parties de chachliks à la campagne. Mais exit aussi la cuite de cinq jours et la semaine passée le crâne sous les sabots des chevaux de Makhno. Parfois, y'a du bien à se faire du mal.

Publié dans tbilissi

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Emmanuel 26/04/2007 22:36

Oui mais non ! C'est le printemps ! Bientôt promis j'envoie une nouvelle note. Ca va péter nom de Dieu !

la thilde 26/04/2007 14:50

dommage que tu mettes ton blog à la diète aussi... ; )

cali rezo 25/04/2007 14:40

Alors, t'es réparé ?bises

cheni mama jp 25/04/2007 08:58

Les chatons ! Les chatons !

cheni mama jp 24/04/2007 10:57

c\\\'est vrai ça... alors ??? eske ça va mieux ??? Oui zounon ???