Je l'ai promis, je l'ai fait. J'ai la fierté non dissimulée de vous présenter mon nouveau blog - certes, la peinture n'est pas terrible et ça ne va
pas s'arranger en séchant, il y aurait encore quelques petits efforts de décorations à faire mais l'important, c'est que le train vaillant et intrépide du journalisme d'action est sur les
rails. Et ça va péter du feu de Dieu. Allez, je vous laisse, j'ai des élections sur le feu.
Ce blog est donc terminé, par Russie la suite :
http://moscou.over-blog.fr/
Je laisserai bien sûr les archives de Tbilissi en ligne. Et pas ailleurs. (snif)
Ce blog est donc terminé, par Russie la suite :
http://moscou.over-blog.fr/
Je laisserai bien sûr les archives de Tbilissi en ligne. Et pas ailleurs. (snif)
par Emmanuel
Voilà, ça y est. Le visa dans le passeport, le billet dans la veste, et les mains dans les poches. Ce soir, je fête mon anniversaire et mon départ d'un seul coup. En fait, j'ai fait un rond dans
l'eau. Il y a deux ans, je faisais exactement la même chose. Quitter ma famille et mes copains pour une espèce d'aventure bizarre en plein hiver, dans un pays que personne ne connaît. Ce coup-ci
tout le monde connaît le pays - d'où l'inquiétude.
Mais ce rond dans l'eau, il a été riche. Je suis parti à la pêche aux gens, aux histoires. Vous en avez lu quelques-unes sur ce blog. J'en ai raconté d'autres au creux des oreilles, j'en ai gardé certaines pour moi.
Au départ, je ne devais pas rester longtemps ici, mon coeur était parti en Russie avant même de s'être installé à Tbilissi. Oui mais voilà, entretemps la Géorgie m'a volé mon coeur, et elle s'y accroche ferme... Alors j'y laisse un petit bout, en attendant la suite.
La suite : l'aventure en Russie, la pêche au morse à Mourmansk, l'abandon définitif de ma vésicule biliaire quelque part en Sibérie, la gloire et les petites pépées...
Je vous tiendrai bien sûr au courant de mes nouvelles aventures, sur un nouveau blog dont je vous donnerai l'adresse ici. Pour ce qui est de celui-ci, ce centième billet me semble un joli chiffre pour y accoler le mot fin.
Mais ce rond dans l'eau, il a été riche. Je suis parti à la pêche aux gens, aux histoires. Vous en avez lu quelques-unes sur ce blog. J'en ai raconté d'autres au creux des oreilles, j'en ai gardé certaines pour moi.
Au départ, je ne devais pas rester longtemps ici, mon coeur était parti en Russie avant même de s'être installé à Tbilissi. Oui mais voilà, entretemps la Géorgie m'a volé mon coeur, et elle s'y accroche ferme... Alors j'y laisse un petit bout, en attendant la suite.
La suite : l'aventure en Russie, la pêche au morse à Mourmansk, l'abandon définitif de ma vésicule biliaire quelque part en Sibérie, la gloire et les petites pépées...
Je vous tiendrai bien sûr au courant de mes nouvelles aventures, sur un nouveau blog dont je vous donnerai l'adresse ici. Pour ce qui est de celui-ci, ce centième billet me semble un joli chiffre pour y accoler le mot fin.
par Emmanuel
Les à-côtés. C'est ça qui me plaît dans ce métier. Non, bande de pervers, ce n'est pas ce que vous pensez. Moi je vous parle des petites anecdotes, de ces petites étincelles de bêtise, d'absurde,
de chaleur qui font tout le sel de la vie.
Hier, avec quelques copains journalistes, nous étions tranquillement attablés dans un boui-boui ukrainien, occupés à déguster un bortch assorti de quelques brochettes de rigueur pour des hommes et des femmes ayant affronté le froid de la rue. Tout ça pour témoigner de la présence des manifestants qui l'avaient fait un peu plus longtemps que nous, histoire de jouer à la révolution. Lorsque tout à coup, comme si de rien n'était, entrent un, puis deux, puis trois CRS du cru, en habits du dimanche, la tenue complète, veste en kevlar, tonfa très tendance, menottes en plastiques et cagoules corses. Faut dire qu'ils étaient garés juste en face, deux bus, et que comme les manifestants faisaient rien qu'à jouer les non-violents, pas même une tentative de prendre la chancellerie d'assaut, ils finissaient eux aussi par avoir faim et froid. Ce qui nous a offert, pour le dessert, cette vision irréelle d'une serveuse au bord de la tétanie, en face de poulets armés jusqu'aux dents - ils en ont en Géorgie-, tout à fait tranquilles, le pas un peu voyou, jouant nonchalamment de la matraque en marchant jusqu'à la caisse.
On n'a pas réussi à réprimer un fou rire dont la contagion a failli valoir à la serveuse quelques jours de détention administrative. Je pense qu'ils ont compris que nous, on était étrangers. Heureusement, parce que sinon notre tamada pouvait dire son dernier toast.
Hier, avec quelques copains journalistes, nous étions tranquillement attablés dans un boui-boui ukrainien, occupés à déguster un bortch assorti de quelques brochettes de rigueur pour des hommes et des femmes ayant affronté le froid de la rue. Tout ça pour témoigner de la présence des manifestants qui l'avaient fait un peu plus longtemps que nous, histoire de jouer à la révolution. Lorsque tout à coup, comme si de rien n'était, entrent un, puis deux, puis trois CRS du cru, en habits du dimanche, la tenue complète, veste en kevlar, tonfa très tendance, menottes en plastiques et cagoules corses. Faut dire qu'ils étaient garés juste en face, deux bus, et que comme les manifestants faisaient rien qu'à jouer les non-violents, pas même une tentative de prendre la chancellerie d'assaut, ils finissaient eux aussi par avoir faim et froid. Ce qui nous a offert, pour le dessert, cette vision irréelle d'une serveuse au bord de la tétanie, en face de poulets armés jusqu'aux dents - ils en ont en Géorgie-, tout à fait tranquilles, le pas un peu voyou, jouant nonchalamment de la matraque en marchant jusqu'à la caisse.
On n'a pas réussi à réprimer un fou rire dont la contagion a failli valoir à la serveuse quelques jours de détention administrative. Je pense qu'ils ont compris que nous, on était étrangers. Heureusement, parce que sinon notre tamada pouvait dire son dernier toast.
par Emmanuel
Tant qu'à recycler, et avant de fermer la porte, autant repeindre un peu les volets et vous présenter quelques photos inédites.
Bon, c'est vrai, c'est des vieilleries, je ne les avais pas mises en ligne jusqu'ici car je les avais prises à l'argentique. Mais comme je viens seulement de les scanner, on peut dire que c'est du neuf.
Voici donc quelques photos en noir et blanc, pour une fois, de cet endroit magnifique qu'est la Svanétie, moins magnifique que la Khevsourétie, mais magnifique quand même - vous noterez la richesse du vocabulaire et la souplesse du style, c'est pour m'adapter à mon sujet, les Svanes (souvenez-vous). J'espère qu'aucun Svane ne passera par ici, ou du moins qu'il ne comprend pas le français. Sinon je suis dans la merde.
Bon, c'est vrai, c'est des vieilleries, je ne les avais pas mises en ligne jusqu'ici car je les avais prises à l'argentique. Mais comme je viens seulement de les scanner, on peut dire que c'est du neuf.
Voici donc quelques photos en noir et blanc, pour une fois, de cet endroit magnifique qu'est la Svanétie, moins magnifique que la Khevsourétie, mais magnifique quand même - vous noterez la richesse du vocabulaire et la souplesse du style, c'est pour m'adapter à mon sujet, les Svanes (souvenez-vous). J'espère qu'aucun Svane ne passera par ici, ou du moins qu'il ne comprend pas le français. Sinon je suis dans la merde.
par Emmanuel
Ca fait très longtemps que je vous en parle. Maintenant que je me casse, il est temps que je vous la montre. D'ailleurs, je n'ai pas le temps de parler d'autre chose.
Il s'agit bien sûr de la Khevsourétie, terre de contrastes. J'ai enfin scanné mes négatifs et vous avez dans le nouvel album-photo (colonne de gauche ou lien à gauche) un aperçu du reportage à paraître dans le supplément "Voyages" de Libé, ce mois-ci, je ne sais pas quelle semaine exactement (non je ne me la pète pas).
Comme j'avais la flemme de mettre des descriptions, je vous fais un résumé : la majorité des photos concerne le sacrifice d'un mouton, comme vous l'aurez compris. L'occasion, c'est l'Atengenoba, une fête religieuse où on brasse la bière (deuxième photo). Malheureusement les traditions se perdent et on a dû se contenter de merde embouteillée, enfin le reste était suffisamment dépaysant comme ça. Par exemple, je vous recommande la graisse de mouton encore tiède, c'est encore plus efficace qu'un Airwaves.
Pour le reste, la première photo c'est la forteresse de Mutso, enfin une partie, c'est tout à fait dans le style architectural du coin. Après, à la fin, ce sont des locaux, dont un garde-frontière et son môme qui nous ont accueillis pour la nuit dans leur maison perchée dans les alpages - j'en profite au passage pour les remercier ici.
Vous trouvez que c'est un peu sec ? Où est l'humour ravageur de mes anciens billets, reniflez-vous derrière vos claviers ? Certes, certes. Mais après avoir vu ces photos, vous comprendrez qu'il est vain d'écouter plus avant mes plates élucubrations. Oui, comme ces rudes montagnards, vous saurez qu'il vaut mieux mourir sourd qu'aveugle !
Il s'agit bien sûr de la Khevsourétie, terre de contrastes. J'ai enfin scanné mes négatifs et vous avez dans le nouvel album-photo (colonne de gauche ou lien à gauche) un aperçu du reportage à paraître dans le supplément "Voyages" de Libé, ce mois-ci, je ne sais pas quelle semaine exactement (non je ne me la pète pas).
Comme j'avais la flemme de mettre des descriptions, je vous fais un résumé : la majorité des photos concerne le sacrifice d'un mouton, comme vous l'aurez compris. L'occasion, c'est l'Atengenoba, une fête religieuse où on brasse la bière (deuxième photo). Malheureusement les traditions se perdent et on a dû se contenter de merde embouteillée, enfin le reste était suffisamment dépaysant comme ça. Par exemple, je vous recommande la graisse de mouton encore tiède, c'est encore plus efficace qu'un Airwaves.
Pour le reste, la première photo c'est la forteresse de Mutso, enfin une partie, c'est tout à fait dans le style architectural du coin. Après, à la fin, ce sont des locaux, dont un garde-frontière et son môme qui nous ont accueillis pour la nuit dans leur maison perchée dans les alpages - j'en profite au passage pour les remercier ici.
Vous trouvez que c'est un peu sec ? Où est l'humour ravageur de mes anciens billets, reniflez-vous derrière vos claviers ? Certes, certes. Mais après avoir vu ces photos, vous comprendrez qu'il est vain d'écouter plus avant mes plates élucubrations. Oui, comme ces rudes montagnards, vous saurez qu'il vaut mieux mourir sourd qu'aveugle !
par Emmanuel


